Son intention stimule l’imaginaire, fait naître chez le spectateur l’envie de voyager au cœur de paysages sans frontières, à la rencontre d’hommes et d’animaux… Un monde réjouissant qu’elle nous invite à préserver. 

Son geste exige la méthode mais assume le hasard et l’imprévu. L’artiste travaille les techniques mixtes pour plus de liberté dans sa pratique. Acrylique, pigments, encres, peintures à effets tels que le vitrail et la céramique, modeling paste, mortiers, collage, résine, argile, sable, poudre de quartz, gels, feuilles d’or, d’argent et de cuivre se mélangent sur la toile. A l’aide de spalters, de couteaux, de brosses et de pinceaux, et dans un mouvement perpétuel, lorsque le trait n’est pas figuré, la forme d’entités abstraites colorées, entrelacées ou autonomes se combine pour prendre la densité, le relief et la transparence recherchés. La toile se construit par superpositions de couches laissant délibérément l’inattendu opérer sur la surface.

« J’aime travailler la couleur et la matière. Elles s’unissent, se repoussent, éclatent, se craquellent, retranscrivant des ambiances de quiétude et de sérénité. »

Les tonalités particulièrement rayonnantes s’équilibrent avec harmonie en intégrant parfaitement les motifs et le fond. Joëlle peint de façon instinctive et spontanée, en structurant au gré de ses émotions ses compositions, sans support ni modèle, parfois d’après ses propres photos. 

Elle s’inspire du réel pour s’en éloigner vers une approche semi-abstraite, laissant le processus progressif de fragmentation coloniser l’étendue de la toile. 

Son vocabulaire plastique témoigne d’une diversité de sujets qui renoue avec la nature originelle et participe au questionnement du cycle du vivant. Son désir de ressentir la force des éléments et ses répercussions sur l’humanité s’inscrit dans sa démarche.

« Mon inspiration va être déclenchée par un reportage sur la nature, les mers et les océans,  l’espace, la faune et la flore, une ville, un pays admiré lors de mes voyages. »

Paysages d’Afrique, profondeurs sous-marines, portraits, mégalopoles… L’urbain et le rural se côtoient vers une dérive qui devient liberté. 

Les travaux de Joëlle Darmon offrent une perspective ouverte vers une forme vivante du merveilleux. Elle questionne la captation du sensible, crée un espace où se mêlent regard, émotion et réflexion. L’éveil à une certaine prise de conscience au regard de ses sujets se fait avec poésie et optimisme. Cette porte d’accès vers la projection nous permet de nous identifier à son œuvre et de nous questionner sur le devenir de l’environnement. 

« J’invite le spectateur à admirer les merveilles de la nature avec un message : celui de ne pas oublier la responsabilité que nous avons envers elle et de la protéger au maximum. »

Canoline Critiks . Journaliste – critique d’art